(part IV)

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Quand j’étais gosse, je me rappelle avoir regardé avec beaucoup d’intérêt et de joie un dessin animé –je ne sais plus lequel- où l’ourson ou le chaton ou le chiot mâle était timidement amoureux de l’ourson ou du chaton ou du chiot femelle et n’osait le lui avouer ne sachant pas exactement si ces sentiments sont réciproques. Il s’éclipsait, souvent sous un arbre, le dos collé au tronc, une rose à la main, il lui arrachait les pétales l’un après l’autre : elle m’aime, elle ne m’aime pas, elle m’aime, elle ne m’aime pas…ainsi jusqu’à arriver au dernier pétale qui correspondait soit à « elle m’aime » et c’est là que son visage s’illumine et l’écran se remplie de petits cœurs tout beaux tout mignons tout innocents, soit « elle ne m’aime pas » et c’est là qu’apparaît le génie du dessinateur à faire la grimace la plus horrible qui soit.

Je ne me rappelle pas, dans les dessins animés ou les films pour enfants, avoir vu une seule femelle se poser la question « il m’aime, il ne m’aime pas ».

Le ton est donné à nos relations amoureuses dès notre tendre enfance (tendre !!! quelle drôle d’idée !).

Un garçon qui fait la cour à une fille se faisant souvent désirer provoquant ainsi la constance amoureuse du garçon. D’où un peu plus tard en grandissant « les fillettes adolescentes pestes » communément appelées « les petites pestes » celles qui rendent les garçons fous amoureux , souvent désintéressées de celui déjà raide dingue, elles cherchent les plus âgés. Et d’où encore un peu plus tard, les diablesses de femmes qu’on désire tant et qu’on n’arrive pas à avoir faute de je ne sais quoi mais il y a toujours quelque chose.

Etant convaincue qu’en me faisant femme la nature a raté son coup, je me retrouve souvent du coté des hommes.

Le schéma de « l’animalon » mâle arrachant les pétales d’une rose et se demandant « elle m’aime, elle ne m’aime pas » jusqu’à arriver au dernier pétale qui indiquerait la réponse tant recherchée mais jamais trouvée car même trouvée elle ne change rien à la situation du pauvre mâle amoureux , ce schéma m’a marquée. Sauf qu’avec l’âge je suis devenue un peu moins naïve, un peu plus rusée : quand je me rapproche de la fin et que les pétales deviennent calculable je laisse tomber « sans faire exprès » un pétale pour finir par avoir un nombre impair qui déboucherait obligatoirement sur « il m’aime » me faisant ainsi plaisir.

Maintenant j’ai grandi, enfin je crois, je n’arrache plus les pétales des roses pour avoir des réponses. Les réponses je les ai vite, trop vite même. Et comme je les ai vite, je passe mon temps à les remettre en question . je suis peut être ce qu’on appellerait « intuitive ».

Et si la question était toute autre ? et si on ne se posait pas la bonne question ? j’aurais été pendant toutes ces années juste fidèle à mon vieux dessin animé ?


Une réponse to “(part IV)”

  1. Non, mais la maturité pousse à ce questionnement…

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