Rapport de stage 2006/ chronique d’un été pas comme les autres (part I)

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Première réflexion après la soirée d’hier, comment les gens font pour boire et oublier ?
Moi quand je bois je me rappelle.
Noyer son chagrin ! foutaise ! tous les chagrins du monde savent nager.
Peut être que je ne dois plus boire. Je suis souvent triste après.
Il y a toujours un bon prétexte pour être triste.
J’étais bourrée et je n’ai pas arrêté de parler durant toute la soirée, je parlais je parlais je parlais, comme si j’avais peur de me taire ou d’écouter ce que les autres pouvaient dire.
C’est la première fois que ça m’arrive de parler autant étant bourrée.
« le recours psychanalytique » la vie de l’autre en moi.
Je ne comprends rien.
Il n’y a pas de terme français pour remplacer mon vieux « kizebbi »
Les mots disent les maux, dit-on
Moi je crois bien que les maux sont faits pour qu’on fasse des mots.
Toute la beauté du monde réside dans les mots qu’on fait pour en parler.
Etre sensible à la beauté de la vie, l’impossibilité d’être indifférent à cette beauté
Ça tue.
Je ne comprends rien et- je passerai ma vie à essayer de comprendre.
J’ai beau me retourner sans cesse et regarder ma phrase en rouge « renoncer à la comprendre pour la vivre »
J’essaierai toujours de comprendre
De chercher ce qui m’échappe
Mais putain qu’est ce qui m’échappe ?
Depuis le jour où «je me suis assise au bord de la rivière Piedra et j’ai pleuré »
Non, depuis le jour où je me suis assise sur l’escalier de la scène de théâtre de la salle des fêtes du lycée pour écrire mon rôle dans « Epitaphe » ma vie a changé.
A vrai dire elle n’a pas changé, je n’ai pas de souvenir de ce qu’elle était auparavant.
Je dirai donc que ma vie a commencé
Ce jour là ma vie future se dessinait devant moi
Comment ai-je pu à 17 ans être aussi visionnaire ?!
J’avais tout dessiné, tout prévu
Mot par mot, phrase par phrase
Cette recherche immodérée de plaisirs fortuits mais tant attendus
Et cette attente interminable d’un autre qui me partagerait l’intensité de ces moments si insignifiants mais si insupportables à vivre seule
Je ne cesse de vouloir me prouver que je peux être heureuse étant seule
Mais qu’est ce le bonheur solitaire ?
un café, une clope, un bouquin, écrire , peindre, écouter de la musique, manger, réfléchir, voir du beau monde, parler de tout sauf de moi, ou parler de moi comme parler d’une autre, dormir, se maquiller, rire, se dire que tout va bien et finir par y croire ?
qu’est ce le bonheur ?
et pourtant , par moments j’ai l’impression d’y parvenir
on ne peux pas dire que je suis malheureuse en ce moment
c’est vrai je ne passe pas mon temps à essayer de décrire mon temps
je pleure de moins en moins souvent
et je ne cède pas à l’appel d’en bas.
Il faut toujours regarder le bon coté des choses !!! si bon il y a.
« tu étais mon dieu ou peut être son représentant dans ma vie, et ma plus grande peur n’était pas de découvrir que dieu n’existait pas mais c’était de savoir qu’il existait et que ce n’était pas toi. »
Ai-je vraiment besoin que tu existes ?
Peut être que j’essaie de conformer ma vie à ce que j’ai imaginé quand j’avais 17 ans.
Non je ne le crois pas.
J’aimerai tellement arrêter d’écrire sur moi et écrire sur les autres.
Mais comment fait-on pour s’oublier ?
Moi je n’y arrive pas.
Mes vieux fantômes me hantent
Ils ne cessent de revenir me rendre visite ces derniers temps
« nous ferons de la route
Nous ferons un voyage
Nous réaliserons un film
Nous ferons deux vies en une
Et nous savons qu’elle sera parfaite
Et putain cette putain de vie aura un sens
C’est ce qui nous effraie »
Qu’attend-on d’une vie ?
Des réponses ?
Des réponses à des question qu’on pose et suite auxquels on omet de mettre des points d’interrogations.
C’est peut être parce qu’on refuse de croire qu’on peut être intelligent là où il ne faut pas et que ces question peuvent être pertinentes.
Refuser d’admettre la pertinence d’une question, est-ce une fuite de la réponse qu’on n’arrive pas à avoir ou qu’on a peur de chercher.
Souvent ce n’est pas la réponse qui fait peur mais sa recherche. Tu crois ?
« peu importe le flacon pourvu qu’on a l’ivresse »
On pourrait rechercher on ne sait quoi peut être l’ivresse et passer par des flacons qu’on ne soupçonnait pas si puissants.
Qu’est ce que c’est que ce délire ?
Tu peux écrire tellement bien mais tu écris si mal !


3 réponses to “Rapport de stage 2006/ chronique d’un été pas comme les autres (part I)”

  1. Putain que c’est beau…et nous débattrons, je l’espère…en Corrèze…

  2. ou à Montpellier :)

  3. On ne peut pas ajouter grand chose ;)

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