It’s not black enough to see where any white is
« Je marche dans tes rues
Qui me marchent sur les pieds
Je bois dans tes cafés
Je traîne dans tes métros
Tes trottoirs m'aiment un peu trop
Je rêve dans tes bistrots
Je m'assoie sur tes bancs
Je regarde tes monuments
Je trinque à la santé de tes amants »
Tunis Tunis
Non pas Paris Paris
Et détrompez vous ce n’est pas de l’ironie, mais c’est juste la chanson qui accompagne ma « blasitude » matinale.
Je me réveille à 7h45 alors que j’ai cours à 8h
Deuxième fois où je suis en retard cette semaine, deuxième fois où je vais en cours cette semaine.
Ma mère débarque dans ma chambre vers à 7h45 pour me réveiller
Un long temps d’hésitation (qui s’avéra très court) j’y vais , j’y vais pas…
Hypothèse 1 :j’y vais pas
La prof habite à Bizerte ,à 65 km de Tunis et arrive à l’école à 7h45 (c’est-à-dire exactement à l’instant où mon cerveau et mon cervelet et mon bulbe rachidien et mon système nerveux périphérique me supplient de rentrer sous la couette et reprendre un si bon sommeil) Elle se plaint des retardataires qui habitent tous à Tunis , donc selon elle tant que c’est à Tunis tant que c’est à deux pas de l’école.
En plus au-delà de 8h 20 elle n’accepte plus personne en classe quitte à faire son cours avec un seul étudiant. Donc, si je me réveille, pour faire ma toilette, m’habiller, préparer mes affaires et manger un yaourt il me faut en moins une demi heure, plus dix minutes de trajet ça fait un total de 40mn , résultat j’arrive à l’école à 8h25, je me ferai engueuler, avec un peu de chance peut être elle m’épargnerait son « moi j’habite à Bizerte et j’arrive à l’heure !!! » (qu’est ce que je m’en fiche, aucune culpabilité quand elle dit ça , elle n’a qu’à déménager, ce n’est pas pour rien que Tunis pullule de gens qui, le combat de leur vie consiste à faire de la capitale une copie de leur ville (voire même campagne) natale (il suffit d’observer les sfaxiens), elle n’a qu’à faire partie du tas et ne pas me saouler (oups! le tas me saoule encore plus) , qu’est ce que je m’en fiche qu’elle habite à Bizerte ou même dans la maison du concierge à l’école !)
Elle m’épargnera peut être ce discours mais ne manquera certainement pas de me demander si j’ai fait l’exercice qu’elle a demandé (chose que j’ai pas faite évidemment) et là ça ferait un peu trop!!! je viens en retard et sans travail. J’ai déjà honte. Je n’aime pas avoir honte . J’y vais pas.
Hypothèse 2 : voir hypothèse 1
Suggestion :et si je j’essaie de réfléchir à formuler une hypothèse « j’y vais »
Pas la peine de penser aux arguments pour, ma mère est là pour me les donner et ne me laisser l’occasion de placer aucune antithèse.
Conclusion : malgré moi mon système nerveux central et périphérique et celui de ma prof , j’y vais.
Et j’arrive à 8h20 , dans la moyenne quoi .
Pas de discours sur le retard, ni sur le travail qui n’est pas fait, le discours a déjà été fait à ceux qui étaient là à l’heure.
J’aurai aimé qu’elle me la fasse sa leçon de morale, peut être celà me bousculerait-il un peu pour me rendre compte à quel point je suis entrain de céder à l’appel d’en bas.
J’arrive en classe , je m’installe
Toujours les mêmes gueules que je déteste, celles que j’apprécie se font de plus en rares.
Je commence à faire le travail que je n’ai pas fait chez moi, sans aucune envie, sans aucun goût, exactement avec la même grimace que je faisais à l’école primaire quand on nous demandait de recopier un texte histoire d’améliorer notre écriture. Sauf qu’à l’école primaire tous mes efforts se déployaient pour faire de moi la meilleure, je voulais être l’élève studieuse appliquée intelligente et brillante qui réussissait ce qui était à l’époque la seule forme de réussite qu’on connaissait. Je voulais prouver que j’étais forte alors je grimaçais mais je m’efforçais d’afficher un sourire et beaucoup de bonne volonté.
Mais aujourd’hui je n’ai rien à prouver.
Je fais ce qu’on me demande de faire pour ne pas avoir d’ennuis administratifs de notes qui manquent et de rendus inachevés.
Les études deviennent une question de paperasse de mauvaise administration.
Je dis deviennent parce que j’avais toujours de l’espoir, de l’espoir de ne pas céder à la médiocrité du système mais voilà, je suis dedans et nécessité oblige il me faut un diplôme, quelques signatures et un minimum de nerfs péris pour en garder un bon capital parce que qui sait, peut être que dans l’avenir on me laisserait être intelligente.
Voilà ce qui se passe quand tu fais quelque chose que tu aimes.
Et rien ne me tue plus que le fait de me rendre compte que je ne suis pas plus forte que les contraintes qu’on m’impose.
Et merde si on me dit que j’ai de la chance de faire de l’art de la conception de la liberté
Merde merde merde j’ai fait assujettir ma passion aux contraintes du quotidien au point de ne plus ressentir de différence entre faire un croquis et me brosser les dents.
J’avais de l’espoir dans le système et dès ma première année je me suis rendue compte qu’il boitait mais je me croyais forte et capable d’en venir à bout mais, peut on en venir à bout de la connerie ???
Le système a eu raison de ma motivation, j’ai souvent refusé cette idée mais ce matin elle n’est pas aussi réfutable que d’habitude.
Qu’est ce que je fous là ?
Je voulais couvrir les murs de ma joie et les portes de mes peines et laisser les fenêtres intactes pour laisser entrer le soleil
Je voulais mettre un peu de moi dans ce qui m’entourait
Je voulais imprégner mon monde et celui des autres de beauté
Je voulais faire danser les objets que je dessinais
Je voulais dire ce que je pensais dans tout bon petit trait que je traçais
Je voulais changer ma vie
Ou peut être le monde
La voilà ma prétention, mon arrogance, ma bêtise
Me voilà, proie de ma motivation et de mes ambitions si démesurées
Et de ma naïveté si impardonnable
Et cette horrible solitude en plus
Et cette bouilloire dans ma tête
Réflexion inévitable au passage sur le chaos de ma vie sentimentale, je n’en ai aucune
Sur « ettakriz » et l’incompréhension de ma famille
Et je commence alors à dresser la liste interminable de ce que j’aimerai qu’il soit différent dans cette putain de vie
Et je me rends compte que je ne grandis pas
Et qu’accepter les règles du jeu me vaut un capital nerveux considérable
Mais persister à vouloir que ça soit différent me rend triste
je resterai une adolescente qui au fond aura toujours du mal à accepter que sa vie ne puisse pas être comme elle la veut.

salut !! je trouve ton blog tres …. bien !! bonne continuation !!
;0)
we are all just bricks for a goddam Bunte Wand.
je vis la même chose, quand j’ai commencé mes etudes superieures je pensais faire ce que j’ai toujours révé de faire, de réalisé un fantasme …. quand je pense que j’ai trimé et que j’ai fais bouger du monde pour integrer ce trou a rats, ce placard a balais, cette association des rebus de l’humanité et de la merde de la pire espece je me dis que je suis un con fini !!! j’aurais du faire quelque chose que je n’aime pas, je pense que je aurais été moins déçu !!!